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Le chauffage à bois : écologique ou polluant ?

 

Le chauffage au bois est souvent vu comme le système de chauffage le moins polluant : renouvelable et économique. Il est même présenté comme une source d’énergie propre, une alternative aux combustibles fossiles. Mais des études récentes démontrent que le bois brûlé est un générateur de pollution atmosphérique non négligeable. Comment maîtriser les émissions polluantes de l’énergie bois ?

 

Le chauffage au bois est-il vraiment écologique ?

 

En France, près de 8 millions de foyers se chauffent au bois. Le bois est la principale source d’énergie renouvelable utilisée dans l’hexagone. En 2015, la loi sur la transition énergétique prévoyait d’atteindre le seuil de 23 % d’énergies renouvelables en 2020. L’énergie bois figurait parmi les alternatives plausibles de cette politique de protection de l’environnement.

Il est vrai que le bois est l’énergie la moins polluante, du point de vue des émissions de gaz à effet de serre. Le CO2 dégagé par le bois lors de la combustion est compensé la quantité de dioxyde de carbone absorbé par les arbres lors de leur croissance, ce qui n’est pas le cas des énergies fossiles.

Mais c’est en terme de pollution atmosphérique et de risques pour la santé que le bois blesse. Mais cette source d’énergie brute émet des éléments polluants, non raffinés. C’est ce que révèle l’étude de l’Ineris, publiée en octobre 2018.

L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) a publie un rapport révélateur sur les émissions polluantes générées par le chauffage au bois. Cette recherche, basée sur dix années d’observations et de mesures, met en évidence 3 élément à retenir :

  • la combustion du bois a un rôle significatif dans les épisodes de pollution atmosphérique ;
  • la France est régulièrement rappelée à l’ordre par la Communauté Européenne pour dépassement des seuils de pollution autorisés ;
  • les tests des installations de chauffage au bois effectuées en laboratoire par les constructeurs sont trop éloignées des conditions réelles de fonctionnement

En synthèse, selon les experts, les émissions de polluants par la combustion du bois est sous-estimée.

 

Pollution par monoxyde de carbone, benzène et particules fines : notre santé en jeu

 

La combustion de bois dans les foyers individuels (chaudières, cheminées, inserts ou cuisinières) émet des polluants dans l’air extérieur mais aussi dans les habitations, par infiltration de l’air extérieur et par contact direct des émissions de nos propres appareils de chauffage.

L’air ambiant, celui que nous respirons au quotidien, contient des particules. Certaines sont toxiques à des doses très faibles et même cancérigènes avec des expositions à court et long terme. Les principaux éléments néfastes pour la santé sont les suivants :

  • oxydes d’azote (NOx)
  • benzène
  • monoxyde de carbone (CO)
  • ozone
  • dioxyde de soufre (SO2)
  • composés organiques volatils (COV)
  • hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
  • particules fines (PM10, PM2,5, particules de suie et particules ultra-fines).

Ils affectent les voies respiratoires et le système cardio-vasculaire, et en fonction de la sensibilité individuelle des personnes exposées et de leurs concentrations dans l’air ambiant, ils peuvent provoquer :

  • des crises aiguës : accident cardio-vasculaire, accident vasculaire cérébral , détresse respiratoire ;
  • des maladies chroniques : maladies pulmonaires, asthme, hypertension, maladies cardiaques et vasculaires, cancers.

 

Pollution des autres systèmes de chauffage

 

Mais nous n’allons pas jeter l’opprobre sur le chauffage au bois sans examiner le niveau de pollution global des autres systèmes de chauffage.

Les autres sources d’énergie polluantes utilisées pour le chauffage sont les combustibles fossiles (charbon, fuel, gaz) et le nucléaire. Auxquels s’ajoutent les polluants des activités industrielles (très varié en terme de toxiques) et du trafic motorisé.

À moyen et long terme, les impacts d’un type de combustible sur l’environnement est à prendre en compte dans son ensemble, il faut compter l’énergie grise ainsi que les risques technologiques associés :

  • extraction (techniques liées au gaz de schiste)
  • transport et risques encourus en cas d’incident (on pense aux marées noires)
  • mise en place, entretien des réseaux d’acheminement (fuites de méthane)
  • démantèlement des installations (centrales nucléaires)

Finalement, le bois de chauffage, bien qu’il participe au réchauffement climatique, a un bilan carbone bien meilleur que celui des combustibles fossiles. Et les chauffages basés sur les énergies renouvelables et locales sont moins polluantes à long terme : énergie solaire, énergie bois, biomasse et géothermie. Si l’on cherche des technologies « zéro rejet », il faudra se tourner vers les sources naturelles telles que le solaire ou la géothermie.

Et quant au rejet de substances nocives dans l’atmosphère, il est impératif de mettre en œuvre les mesures qui s’imposent. En ce qui concerne les chauffages individuels, le niveau d’émission de polluants dépend de deux données de base :

  • la nature du combustible
  • la technologie de l’appareil de chauffage utilisé et des réglages de l’installation

Il conviendra donc de mettre toute son attention dans le choix d’un système de chauffage performant à haut rendement et bien entretenu.

 

Comment réduire la pollution au feu de bois ?

 

Au niveau technique, on doit attendre des systèmes de chauffage qu’ils produisent une combustion complète. Cependant, il faut savoir que même ce type de combustion produit du dioxyde de carbone et de l’eau. En revanche, une combustion incomplète produit des émissions de gaz polluants et des particules nocives. La plupart des systèmes de chauffage ont une combustion incomplète, à laquelle s’ajoute les impuretés et les éléments non combustibles présents dans le bois de chauffage.

Le seul moyen pour maintenir un niveau très bas d’émissions polluantes est de maîtriser parfaitement le processus de combustion. En Suisse, par exemple, les chaudières sont obligatoirement inspectées par un technicien spécialisé tous les deux ans. Il contrôle les brûleurs et mesure les rejets des gaz de combustion.

Deux éléments clé contribuent à un système de chauffage moins polluant :

  • le choix d’un appareil de chauffage performant (foyer ouvert ou foyer fermé)
  • la qualité du combustible (bois sec ou non)

C’est un moyen accessible d’éviter de rejeter des masses de particules nocives dans l’air que nous respirons.

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